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mardi, 25 février 2020

Jean Vanier: un billet de Jérôme Martineau

Ex-président de l’ACPC, Jérôme Martineau a publié un long billet dans son profil personnel Facebook sur l’affaire Jean Vanier.

«La journée de samedi s’est déroulée sous le signe de la déception et de la statue que l’on déboulonne. Une de plus. Jean Vanier a été présent dans ma vie spirituelle depuis le début des années 1970. J’ai assisté à des retraites. J’ai lu plusieurs de ses livres. J’ai fait une entrevue avec lui pour la revue Notre-Dame-du-Cap. Je suis impliqué dans l’Ache Mauricie à Trois-Rivières depuis 1987. J’ai été deux fois président du conseil d’administration et responsable de la communauté durant deux ans. Cet homme était pour moi un témoin de l’engagement à la suite de Jésus en privilégiant la vie avec les pauvres.»

Il termine son billet ainsi.

«l faudra refaire un travail de mémoire pour apprivoiser cette nouvelle situation. Ce travail sera long. Il devra se faire dans la vérité en tenant compte des victimes et de son mensonge. On ne refait pas le passé. On en hérite. Jean Vanier a légué un héritage blessé. Jésus a cependant promis qu’il guérira toute blessure. C’est mon espérance.»

Commentaires

  • Richard Chartier 25 février 2020

    Marc Leboucher a écrit cette éclairante réflexion dans son texte « Jean Vanier ou le piège de la fragilité » publié dans La Croix (24/02/20): Cette manière de mettre en avant la fragilité pour mieux refouler ses propres failles, cette manipulation de tout un langage spirituel pour mieux laisser libre cours à ses pulsions, ne perdurent-elles pas que grâce à la culture du secret qui continue d’habiter notre Église catholique, à son incapacité à regarder les conflits et les abus en face ? Surtout, ne faites pas de vagues…Rassurez-vous, ça va s’arranger… Oh, ce n’est pas si grave… Nous connaissons tous ces formules chuchotées entre deux portes ou dans le fond d’une sacristie. Mais autant le secret apparaît nécessaire dans le cadre du sacrement de réconciliation comme dans celui de certaines professions, autant là il relève d’une démarche injustifiable et condamnable. Sans lui, Jean Vanier aurait-il pu continuer longtemps d’apparaître comme une personnalité d’une valeur incontestable ?

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  • Richard Wallot 6 mars 2020

    Ce fut pour moi une grande tristesse. Cela rejoint le questionnement qui agite notre société: « L’œuvre ou l’auteur? » Pensons à ces cinéastes d’ici ou d’ailleurs, à ces auteurs, à ces prêtres ou éducateurs aussi… Faut-il parler d’hypocrisie? En pensant à Jean Vanier, je suspend mon jugement. Dieu seul voit le secret des cœurs. Toute notre société sort peu à peu d’une époque ecclésiale de terrible rigidité, de secret, d’interdits mais aussi de pratiques occultes, d’un côté tout était péché mortel et interdit, de l’autre, « pourquoi pas »? C’est ainsi que l’Église catholique avait passé à côté de Luther et du retour à la Parole et à l’Église communion. Les meilleures intentions peuvent tout justifier. Scribes et pharisiens en faisaient l’expérience. L’e3nfer est pavé de bonnes intentions.

    « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre ». Rigidités et interdits engendrent souvent ces abus, comme dans bien des communautés religieuses ou paroissiales fermées et, par ailleurs, ferventes. Il y a des pentes si accessibles, si attirantes pour les meilleurs motifs. Jean Vanier, laïc, a grandi et évolué dans un monde militaire ou ecclésiastique qui entraînait un clivage moral, une sorte de schizophrénie psychologique et spirituelle, spécialité des « anges de lumière »: « Si tu es Fils de Dieu… » Oui, Père, ne nous laisse pas entrer en tentation, délivre-nous du Malin, ce serpent des origines qui peut corrompre les meilleurs presque sans failles. « Car la vie, et le cœur humain, sont si fragiles »…

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